Introduction : Proclus, un philosophe grec du Ve siècle, affirme que la Grande Pyramide de Khéops est un observatoire astronomique. D'autres par la suite pensent qu'elle serait un gigantesque cadran solaire. Strabon, géographe grec la traite, lui, d'oeuvre de vanité.
Texte : "Ce n'est point par le sentiment de son néant que l'homme a élevé un tel sépulcre, c'est l'instinct de son immortalité ce sépulcre n'est point la borne qui annonce la fin d'une carrière d'un jour... c'est la borne qui marque l'entrée d'une vie sans terme, c'est une espèce de porte éternelle, bâtie sur les confins de l'éternité", s'enflamme Chateaubriand devant le spectacle des pyramides de Gizeh. Quand le visiteur s'approche, la pyramide de Khéops donne l'impression d'un gigantesque escalier. Pourtant, du temps de sa splendeur, les pans de calcaire blanc de ce polyèdre pur comme du cristal et lisse de la base au sommet, réfléchissent le soleil comme un miroir.
Une pyramide parfaite, pointée vers le ciel comme une offrande, comme un trait d'union mystique entre l'humanité et Ré, le dieu de toutes choses. Khéops, dieu vivant comme tous les pharaons, sait que le fait d'être enterré dans ce mausolée hors du commun, ce tombeau éternel, protège son pays et ses sujets. Pharaon s'assure ainsi de représenter l'Égypte dans l'au-delà comme il l'a fait sur terre. La pyramide est un lieu funéraire majeur appartenant à une culture royale née avec la pyramide à degrés du pharaon Djoser bâtie par le talentueux lmhotep. Un moyen de distinguer la demeure des pharaons de celles des mortels. En bâtissant la pyramide de Khéops, puis celles de Mykérinos ou de Khéphren, les architectes ont voulu trancher avec lmhotep. Les parois parfaitement lisses, dénuées de toute aspérité, de la pyramide favorisent l'ascension de l'âme de Pharaon.
La forme triangulaire de la pyramide évoque la fulgurance des rayons solaires éclairant la Terre. Une union cosmique qui passe par le sommet du monument et se répand le long des parois pour mieux s'insinuer dans la terre d'Égypte, à travers les forces mystiques d'un pharaon dont la mort n'est que le prolongement ésotérique de la vie. Le tombeau est réceptacle, caisse de résonance entre l'au-delà et la vie terrestre, lien idéal entre le pharaon-homme et le dieu cosmique.
Longtemps, la pyramide connaît la faveur des souverains égyptiens. En Nubie, des dizaines de pyramides sont érigées, beaucoup plus qu'en Égypte même. Les tombeaux thébains évoquent, eux aussi, la structure pyramidale pointée vers le ciel. Il faut attendre la XVIII' dynastie pour que les tombes des grands pharaons soient enfouies à plusieurs mètres de profondeur dans la roche des collines abruptes de la lointaine Vallée des Rois.
Le "mystère" des pyramides a fait couler beaucoup d'encre. Par ses proportions, par son âge vénérable, la Grande Pyramide fascine, elle qui arrive à se mêler dans l'au-delà aux "astres impérissables". Au XIX' siècle, une théorie mystique voit le jour prétextant que les pyramides de Gizeh ont été construites, non par les Égyptiens, mais par le peuple élu sous la direction de Sem, fils aîné de Noé, fondateur des peuples sémitiques ou de Melchisedech, contemporain d'Abraham, prêtre-roi de Salem, ville considérée comme la Jérusalem actuelle.
Une théorie scientifique et mathématique voit également le jour, qui se fonde sur l'orientation parfaite de la pyramide et l'harmonie de ses proportions. Les quatre faces ne sont-elles pas parallèles deux à deux avec des erreurs presque infimes? Les angles droits sont quasiment parfaits. L'horizontale parfaite a été obtenue au moyen d'une rigole taillée dans la roche puis remplie d'eau. Ce qui donnait un niveau plus que précis par rapport aux fondations de 250 mètres de côté sur 150 mètres de hauteur. En Allemagne et en Europe occidentale, certains savants se fondant sur une interprétation discutable due à l'abbé Moreux, l'un des premiers à se passionner pour l'Égypte ancienne, affirment que les concepteurs des pyramides connaissaient le nombre d'or permettant d'obtenir, en architecture, les proportions idéales.
Légende 1: Les trois pyramides du site de Gizeh : Khéops, Képhren et Mykerinos. Des monuments qui fascinent toujours. On découvre en vue aérienne les orientations et les harmonies parfaites.
Légende 2: Anubis, le Dieu embaumeur s’occupe de la momie du Pharaon pour son dernier voyage vers l’au delà.
Inter : «… comme un trait d’union mystique entre l’humanité et Rê, le Dieu de toute chose… »